Y a-t-il un bon jour pour congédier un collaborateur ?

Y a-t-il un bon jour pour congédier un collaborateur ?

Y a-t-il un jour meilleur qu’un autre pour licencier un employé?

Le vendredi ?

Nous avons pu observer diverses pratiques, notamment le licenciement du vendredi ou la veille d’un jour férié. Craignant une réaction vive de la part de la personne congédiée, certaines entreprises préfèrent que les licenciements aient lieu le vendredi. Cela permet de laisser immédiatement la personne partir et d’avoir tout le week-end pour « digérer » cette mauvaise nouvelle. C’est une raison de sécurité, l’employeur pense ainsi réduire le risque de violence au travail dans l’éventualité où la personne reviendrait en colère le lendemain.

Si cela rassure l’employeur, est-ce vraiment une bonne chose pour le salarié qui est remercié ? Il y a différentes raisons pour un licenciement. La personne qui n’atteint pas de bons résultats ou qui a récemment eu une mauvaise revue de performance ne sera sans doute pas complètement surprise. Mais qu’en est-il de l’employé à qui l’on annonce simplement une suppression de poste pour des raisons économiques ou une délocalisation. Si cela est une vraie surprise pour le collaborateur, il y a un réel risque humain à le laisser « ruminer » son licenciement tout le week-end. Au contraire, il aura besoin de pouvoir en parler avec ses collègues, avec sa direction ou les Ressources Humaines. Il aura besoin de comprendre une décision qui finalement n’a pas grand chose à voir avec lui, soit une décision « corporate », une décision logique et économique qui ne tient pas compte des années investies, du travail accompli et de l’implication personnelle du collaborateur. Dans ce cas, l’entreprise aura sans doute prévu un accompagnement avec un coach en transition de carrière (un « outplacement »).

Le lundi ?

Dans ce contexte, il est certainement plus judicieux d’annoncer la nouvelle en début de semaine à la personne licenciée et si possible de demander au coach en transition de carrière de tout de suite rencontrer la personne concernée. D’une part, le coach, de par son écoute et son expérience, pourra aider l’employé à faire son deuil. D’autre part, le coach prendra immédiatement les choses en main ce qui sécurisera la personne car elle saura qu’elle pourra rapidement rebondir et trouver un nouvel emploi.

Lors de la prise de décision

D’autres pratiques préconisent que le meilleur jour pour congédier un collaborateur est celui où la décision définitive est prise car c’est plus honnête et éthique que de laisser croire à la personne concernée que tout va bien alors que son licenciement est déjà décidé.

Conclusion

On en parle peu mais ce n’est un secret pour personne que la Suisse est un pays où le nombre de suicides est important; que ce soit chez les jeunes ou chez les moins jeunes. Le cas du collaborateur, congédié après 20 ans de bons et loyaux services, en raison d’une délocalisation de son employeur, fait hélas partie de ces statistiques.

En conclusion, il n’y a pas de bonne façon de congédier quelqu’un. Personne n’aime être « remercié », et la plupart des employeurs, que ce soit le Manager ou les Ressources Humaines, n’aiment pas annoncer à un employé qu’il va perdre son emploi. Toutefois, le moment choisi et l’accompagnement proposé pourront certainement amoindrir l’impact d’une telle annonce.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Un jour meilleur qu’un autre ? Jamais de bon moment ?

Quelles solutions d’accompagnement proposez-vous aux personnes que vous licenciez ?